LE PATRIMOINE INDUSTRIEL DE SAINT-DENIS

Culturel ,  Historique à Saint-Denis

1.6 km
Pédestre
1h
Facile
  • De la porte de Paris à la gare de Saint-Denis, allez à la rencontre de l’histoire industrielle du territoire : les ateliers Christofle, l’ancienne pharmacie centrale et sa cheminée classée, le rôle du transport ferroviaire et fluvial dans le développement industriel de la ville à partir du XIXème siècle.
  • Dénivelé
    11.93 m
  • Documentation
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Points d'intérêt
1 Industrialisation de la Plaine
Au début du XIXème siècle, la Plaine était encore une terre agricole et fertile où l’on cultivait céréales, vignes et divers légumes destinés à l’alimentation des Parisiens. C’était aussi une terre très giboyeuse qui attirait régulièrement les chasses royales. L’évolution récente du machinisme industriel incitait de nombreux artisans installés dans Paris à chercher de nouveaux emplacements sur des terrains plus grands et meilleur marché. La Plaine possédait un avantage certain : des nappes phréatiques souterraines facilement exploitables qui permettaient d’alimenter les machines à vapeur. Les autorités encourageaient également leur installation dans cette zone, où les vents dominants venant de l’Ouest balayaient les fumées des usines, les emportant loin de la capitale.
2 Le gazomètre de Saint-Denis
A l'emplacement de l'actuel Stade de France, se trouvait le gazomètre de Saint-Denis, géré par la société du Gaz de Paris. Il produisait chaque jour, environ 1 000 000 de mètres cube de gaz.
3 Le canal Saint-Denis et ses écluses
Long de 6,6 kilomètres, il relie le rond-point des canaux (parc de la Villette) à la Seine aval en Seine-Saint-Denis par sept écluses sur un dénivelé de vingt-huit mètres, en traversant le 19e arrondissement de Paris, les communes d'Aubervilliers et de Saint-Denis. Mis en service en 1821, il comportait alors douze écluses. Le canal a été totalement reconstruit entre 1890 et 1895, le nombre d'écluses a été ramené de douze à sept.
4 Ancienne Pharmacie Centrale
Les locaux sont construits en 1860 pour la famille Menier qui y installe sa fabrique de produits pharmaceutiques. Les Menier sont surtout connus pour le chocolat (qui fera leur fortune), mais à l’origine le chocolat servait surtout à enrober des médicaments. En 1867, au départ des Menier, c'est la Pharmacie Centrale de France qui s'installe. En 1900, elle est considérée comme la plus grande et la plus importante fabrique de produits chimiques en France. Elle cesse toute activité en 1981. Aujourd’hui, il ne reste que le bâtiment de la direction, le pavillon du gardien, un atelier et la cheminée, tous inscrits en tant que Monuments historiques. La cheminée est un exemple remarquablement esthétique de l'architecture industrielle : on y voit de la polychromie, des dessins. Au sommet on peut distinguer un M, initiale de Menier.
5 Le canal Saint-Denis
Ouvert à la navigation en 1821 après 10 ans de travaux, le canal Saint-Denis est conçu pour permettre aux bateaux d’éviter le long méandre de la Seine et la traversée encombrée de Paris. Pendant le XIXème siècle, la voie d’eau est d’une grande importance, le chemin de fer n’étant pas encore mis en place. C’est donc le seul moyen de transporter des charges lourdes. Le canal a joué un rôle essentiel dans l’industrialisation de la Plaine.
6 Christofle
En 1875, la manufacture d’orfèvrerie de Christofle, dont nous voyons ici la maison du Directeur, s'installe à Saint-Denis. L’usine de Saint-Denis a une situation privilégiée : en 1876, le terrain est raccordé à la voie ferrée et l’entreprise bénéficie d’un droit de jouissance de la berge du canal. Ainsi, elle peut recevoir le nickel par voie fluviale, mais aussi envoyer ses commandes à ses clients via le canal et la voie ferrée. Grâce à ses techniques innovantes (raffinement du nickel par voie chimique), l’entreprise est à la tête du secteur et parvient à vendre ses produits deux fois moins chers que ceux du marché. En 1884, l’usine fournit 300 douzaines de couverts par jour. En 1885, Christofle accueille la petite et la grosse orfèvrerie sur Saint-Denis grâce à l’espace dont il dispose (21 000 m²), et emploie 500 ouvriers. L’arrêt de l’activité « nickel » dans les années 1930 amène le fils de Christofle, Tony Bouilhet, à centraliser ses activités sur le site dionysien qui regroupe alors 1500 ouvriers. On assiste ainsi à un mélange de cultures : celle de l’orfèvre et celle du « métallo ». La modernisation de la seconde branche pousse Bouilhet à délocaliser ces activités ouvrières en Normandie. Après avoir fait de son usine un musée qui exposait les collections Christofle, l’histoire de l’entreprise et les techniques liées à l’orfèvrerie, l’entreprise a aujourd’hui quitté Saint-Denis et le musée est fermé depuis 2008. Les bâtiments sont classés monuments historiques depuis 2007 et sont en projet de réaménagement. C’est l’un des rares sites industriels du territoire à avoir gardé son aspect d’origine. A l’image de son industrie, Christofle a réussi à construire un site à l’architecture impressionnante, à moindre coût.
7 Ancien séchoir
Fait en clayettes de bois et en briques, ce bâtiment servait de séchoir aux bateaux-lavoirs du quai du Port à la fin du XIXème siècle et au début du XXème.
8 La Manufacture
En 1902, Saint-Denis compte 18 usines métallurgiques, localisées sur la rive gauche du canal. L'entreprise Tréfimétaux (construite en 1847) en est une rescapée. Des bâtiments d'origine subsiste seulement la halle des laminoirs avec son gigantesque pignon en brique. Aujourd'hui, ce bâtiment a été reconverti en un lieu destiné à abriter des cellules d’activités et de bureaux. L’intérêt principal du projet était de conserver et mettre en valeur la charpente métallique existante ainsi que le pignon en brique sur la rue.
9 Le canal Saint-Denis et son évolution
En 1884, la ville de Paris (qui est propriétaire du canal, encore aujourd’hui) décide d’agrandir et de moderniser le canal pour faire face à l’augmentation du trafic et de la taille des péniches. Le trafic atteint 2 300 000 tonnes annuelles avant la première guerre mondiale. Dans la seconde moitié du XXème siècle, la batellerie périclite au profit du train. Mais le canal Saint-Denis conserve une activité importante du fait de ses entreprises implantées le long de ses berges. Aujourd’hui il garde son aspect industriel, mais ses berges sont aménagées pour la promenade et des activités touristiques s’y sont développées (croisières).
10 Le CFI - Chemin de Fer Industriel, la création et l'ascension
Le CFI fut créé en 1884. Il a permis à toutes les usines qui le souhaitaient d'être raccordées aux voies du chemin de fer du Nord, mais aussi d'être raccordées entre elles. La société aménage également un port sur le canal Saint-Denis où les péniches sont déchargées et les marchandises acheminées par wagons vers les usines. Le trafic de développe rapidement : il passe de 25 000 tonnes en 1884 à 210 000 tonnes en 1890 et 340 000 en 1900. Le CFI connaît sa période d’activité maximale dans les années 30, avec 25 usines ou entrepôts raccordés et jusqu’à 600 000 tonnes de trafic par an. Les wagons de marchandises étaient tractés par des locomotives de ce type. Le déclin du CFI commence avec la construction de l’autoroute du Nord : dans les années 50, la liaison avec les EMGP (Entrepôts et Magasins Généraux de Paris) est supprimée, ceux-ci utilisant prioritairement la route. Avec le début de la désindustrialisation de la Plaine dans les années 70, l’activité du CFI régresse brutalement. Le dernier train circule en 1993. Aujourd’hui, on peut toujours voir l’immeuble du CFI au 124, avenue du Président Wilson.
12 mètres de dénivelé
  • Altitude de départ : 34 m
  • Altitude d'arrivée : 34 m
  • Altitude maximum : 39 m
  • Altitude minimum : 32 m
  • Dénivelé total positif : 12 m
  • Dénivelé total négatif : -12 m
  • Dénivelé positif maximum : 3 m
  • Dénivelé négatif maximum : -5 m
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